CRÉATIVITÉ: La Togolaise Essi Kodjo, une fée des perles et pagnes

Essi Kodjo, présidente de Be Connect, un réseau d’entrepreneurs togolais, fait partie de ces têtes africaines qui renoncent au confort à elles offert à l’étranger pour s’installer dans leur pays, pour y entreprendre.

La Togolaise Essi Kodjo ne se lasse jamais de commenter son parcours professionnel atypique. C’est après des études en France et au Canada qu’elle finit dans l’artisanat dans son pays, notamment dans les perles et pagnes. «Je suis d’abord rentrée pour travailler pour une société dans l’énergie solaire et, par la suite, je me suis lancée moi-même dans ce que je fais aujourd’hui», explique-t-elle.

Responsable d’une structure dénommée «Perles et pagnes», elle explique sa passion pour le secteur de l’artisanat qu’elle ambitionne de révolutionner. «Sur le projet Vision Togo 2030, une des problématiques soulevées est que nos jeunes n’ont pas de modèles. Je n’ai pas forcément envie de devenir aujourd’hui un modèle. Mais j’ai plus envie de montrer qu’on est capable de faire les choses autrement», assure Mme Kodjo.

Le projet «Perles et pagnes», explique sa promotrice, découle du constat qu’au Togo, «pays des Nana Benz (surnom donné aux vendeuses de Wax il y a quelques décennies au grand marché de Lomé, Ndlr), personne ne faisait quasiment autre chose avec les pagnes que de les revendre ou les porter.

«Je commençais à m’amuser avec du pagne, parce que je ne trouvais pas sur le marché tout ce que je cherchais. Avec plusieurs allers et retours chez le tapissier, j’ai fini par faire un premier sac, un deuxième, puis une grosse commande», se remémore-t-elle.

Entreprendre pour entreprendre

Ce fut ainsi le début d’une structure qui sera plus tard sollicitée pour confectionner des cartables qui seront utilisés lors du Sommet extraordinaire de l’Union Africaine (UA) sur la Sécurité maritime et le Développement en Afrique, tenu du 10 au 15 octobre 2016, à Lomé.

A côté de cette principale activité, Essi Kodjo développe également d’autres initiatives dont «Saveurs d’Afrika». Elle la décrit comme une entreprise qui «revisite» et «modernise» des amuses bouches locales. «A chaque fois, je questionne les choses. Ce n’est pas le côté entreprendre pour entreprendre, c’est surtout pour affirmer qu’on est capable de faire les choses différemment», affirme celle qui réfute l’idée selon laquelle, l’artisanat est réservé «à ceux qui ont raté leur vie».

Après sept années d’activités, elle reconnaît que le bilan reste «mitigé». «On est célèbre sur le marché comme disposant des produits de qualité, et surtout lorsqu’on parle de produits locaux bien faits, certes. Mais au bout de toutes ces années, je n’ai pas forcement une entreprise qui soit complètement à l’abri de tout. Les années mouvementées au niveau politique nous ont aussi affectés. J’aurais aimé vous dire qu’on a une entreprise qui peut dormir tranquillement, mais pour le moment, ce n’est pas encore le cas».

Partager leurs expériences

Cette situation s’explique, entre autres, par des difficultés rencontrées sur le marché : «J’ai beaucoup de problèmes à trouver des bonnes personnes et les mettre aux bons endroits. Je suis rentrée au Togo depuis bientôt 10 ans, et j’aime dire que, si j’avais trouvé de très bonnes personnes, j’aurais pu ouvrir une dizaine d’entreprises. Pas forcément pour faire des milliards. Des mini-entreprises certes, mais avec des gens vraiment dévoués. J’ai quand même des collaborateurs qui sont fidèles depuis sept ans, mais on a du mal à aller à un autre niveau. Mais au bout de sept ans, je peux dire que j’ai une petite équipe sur laquelle je peux compter. Même si elle n’est pas aussi grande comme je le voudrais.»

Essi Kodjo préside également le réseau Be Connect qui regroupe des entrepreneurs qui exercent dans divers domaines : la Communication, le Transport, l’Artisanat, la Restauration, l’Industrie des loisirs, la Technologie, etc. «C’est une association qui est née en 2015. Elle est créée par des gens qui avaient besoin de partager leurs expériences et de s’enrichir afin de mieux participer à l’essor économique du pays», indique-t-elle.
Et de poursuivre : «C’est une association où l’on s’enrichit énormément de partages d’expériences entre les uns qui ont des structures plus petites, et les autres qui ont des structures plus grandes. C’est un brassage qui nous aide à nous enrichir.»

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